Si tu fais du Jiu-Jitsu depuis un moment, tu connais forcément cette sensation. Tu arrives à l’entraînement en forme, avec l’impression que ça va être une bonne séance, et quelques minutes plus tard tu as déjà tapé trois fois.
Il y a des jours où tout fonctionne. Tes passages passent, tu trouves tes positions, tu arrives à mettre en place ce que tu as travaillé. Et puis il y a les autres jours. Ceux où tu as l’impression d’avoir régressé de six mois en une heure.
C’est aussi ça, le Jiu-Jitsu.
Personne ne gagne tous ses sparrings
Au début, c’est difficile de ne pas vouloir gagner chaque sparring. Même si personne ne compte vraiment les points, dans notre tête on sait très bien qui a soumis qui.
Alors forcément, quand tu te fais soumettre plusieurs fois par la même personne, ça peut vite devenir frustrant.
Mais avec le temps, tu te rends compte que ce sont souvent ces sparrings-là qui te font le plus progresser. Le partenaire qui trouve toujours le même triangle finit par t’obliger à comprendre pourquoi tu te fais prendre. Celui qui passe constamment ta garde te force à voir ce qui ne va pas.
Et parfois, il faut se faire avoir dix fois exactement de la même manière avant que ça rentre.
Les petites victoires qu’on est seul à remarquer
On a tous un partenaire contre qui rien ne fonctionne.
Tu connais son jeu, tu sais à peu près ce qu’il va chercher, mais ça ne change rien. Il finit toujours par arriver là où il voulait.
Puis à force de roll ensemble, quelque chose change.
La soumission qui arrivait en trente secondes arrive après deux minutes. La position dans laquelle tu étais complètement bloqué commence à devenir un peu moins inconfortable. Et un jour, tu défends enfin cette attaque que tu prenais depuis des semaines.
Pour quelqu’un qui regarde de l’extérieur, il ne s’est absolument rien passé. Pour toi, c’est différent. Tu sais très bien qu'il y a encore quelques semaines, cette défense ne serait jamais passée.
C’est souvent comme ça qu’on remarque réellement sa progression.
Accepter d’être mauvais
Il y a forcément une partie de ton jeu que tu préfères éviter. Une garde dans laquelle tu n’es pas à l’aise, une position que tu comprends mal ou une technique que tu n’arrives jamais à placer.
C’est tentant de rester uniquement dans ce qu’on maîtrise. Sauf qu’à un moment, il faut bien aller dans les positions où on est mauvais.
Et forcément, au début, ça ne marche pas.
Tu vas rater des mouvements. Donner des positions. Te faire soumettre alors que tu aurais probablement pu jouer autrement.
Ce n’est pas très agréable pour l’ego, mais c’est difficile d’apprendre quelque chose sans passer par cette période.
Il y aura toujours des mauvaises séances
Certaines séances vont juste être mauvaises.
Tu seras fatigué, moins concentré ou simplement moins bon que les personnes en face ce jour-là. Tu vas rentrer chez toi en repensant à toutes les erreurs que tu as faites.
Puis tu reviendras quelques jours plus tard.
C’est peut-être ça le plus important dans ce sport. Pas de réussir chaque technique, de gagner chaque sparring ou de ne jamais taper.
Simplement continuer à revenir.
Parce qu’après suffisamment de séances, tu finis par réussir des choses qui te semblaient impossibles quelques mois auparavant. Et souvent, tu ne t’es même pas rendu compte du moment où elles sont devenues naturelles.
ROLL.
Made for Roll.